Mise à jour : vendredi 30-mai-14

galerie de Gajac

Du 12 juin au 30 septembre 2014 : Gabriel Boghossian

Visualisez un diaporama de quelques unes de ses oeuvres en cliquant ici

Né le 13 janvier 1939.
Peintre parisien fortement attaché à la région.
« Une oscillation entre le profane et le spirituel »
L’univers de Gabriel Boghossian est fascinant. Il bâtit, construit sur les ruines du passé.
Chaque tableau, travaillé avec exigence, réveille notre imagination et nous transporte dans un monde irréel mais pourtant bien réel.
Il n’est pas rare qu’il soit associé aux surréalistes mais il se rapproche plus précisément des oniristes et visionnaires.
Depuis 1960, il participe à de nombreuses expositions en France et à l’Etranger mais il a également travaillé à la restauration de l’Eglise de la paroisse St-Anne des Cèdres (en Algérie).


Ce que dit de lui Michel BENARD, Lauréat de l’Académie Française, Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres :
Invraisemblable paradoxe, l’homme capable de réaliser les œuvres les plus prestigieuses, grandioses, fabuleuses dans toutes les disciplines connues, peut devenir avec la même ampleur, le plus aveugle des destructeurs, le plus cruel des prédateurs, le plus abject de toutes les espèces terrestres.
Fritz Land disait « Entre le cerveau et les mains, le médiateur doit être le cœur ». Alors puisque dans ce cas nous avons affaire à un artiste peintre, Gabriel Boghossian, laissons-lui le soin de saisir la vie, afin de mieux nous en restituer les phases colorées de l’émotion et d’en capter le regard de l’homme !
Gabriel Boghossian, bâtit, construit sur les ruines du passé, et en écrivant ces lignes je songe à Erasme dans « L’éloge de la folie ». L’univers de Gabriel Boghossian est fascinant, il est issu d’un fond limoneux informel, d’un ambiance cosmique qui nous situe au cœur de l’absence du temps, sorte de bulle transparente fragile où viennent se refléter les parcelles anecdotiques de la vie.
Comme la majeure partie des peintres dits « visionnaires », il maîtrise parfaitement le dessin, applique ses gammes colorées en modulation, sans aucune dissonance. Même un rouge sait imposer son silence, avec pour fonction, celle d’éveiller, de rehausser la composition ou de se placer en ligne de fuite…
Dans son atelier, Gabriel Boghossian travaille de mémoire au travers de toutes ses retranspositions. Par fragmentations symboliques toutes les formes de l’humanité apparaissent
Sous un aspect minéral, ou bien se fluidifient dans l’évanescence d’un mirage. Le surréel impose sa cruelle réalité de la vie, le principe de réalité implacable, couvent bien plus terrifiante que la fiction.

Gabriel Boghossian

Gabriel Boghossian

 

expo Gabriel Boghossian

 

 

Sous formes de cohortes chaotiques nous distinguons les hommes dans leur exil permanent, moutons glorifiés, rois insignifiants, guerriers aliénés, religieux fanatisés, gueux difformes, bouffons conseillers.
La vanité de l’homme s’installe et les bateleurs jouent avec leur planète.

Les pierres portent en leur sein toute la fragilité du monde, l’anéantissement des civilisations, à chaque instant tout peut être remis en cause.
Pour peu nous pourrions imaginer l’apocalypse.
Cependant, il n’en est rien, des tribus de femmes sont présentes, porteuses d’une lueur d’espoir et la vie en partage d’amour reprend miraculeusement ses droits.
Pareil à Gérôme Bosch, Gabriel Boghossian ne dérive pas dans le fantastique, ni le démoniaque, il est tout simplement en cohérence avec son temps, avec le malaise de la Société. Il met en situation visuelle, le non dit, le non exprimé.
Nous partons vers l’inconnu sur des nefs de pierre juste avant l’assèchement des océans, avant l’aberration de la mer d’Aral. Le message de la vie est une équation en équilibre permanent, où le réel tente de persister. Chaque œuvre de Gabriel Boghossian demande à être fouillée du regard, à être décryptée par la pensée.
Par le truchement de mille fourmillement anecdotiques, Gabriel Boghossian nous place sur le quai d’embarquement pour un improbable voyage, dans la perspective d’une destination inconnue.
Au seuil des œuvres de Gabriel Boghossian l’interrogation s’impose. L’homme s »égare à chercher son horizon, le monde se métamorphose, nous approchons d’une aube nouvelle, nous sommes au centre d’une mutation permanente.
Les épaves abandonnées sur des océans moribonds témoignent de nos civilisations perdues, fossilisées.
Un nomadisme nouveau se profile, mais la mémoire demeure dans les vestiges des cités désertées, elle est là, telle une épigraphe au fronton du temple de l’éternel.
Toutes les éventualités humaines.
C’est une peinture qui touche l’âme et la vision, une sorte d’oscillation entre le profane et le Spirituel.
Grâce au talent visionnaire de Gabriel Boghossian, silencieusement nous touchons à l’infini, nous détournons l’ordre du temps et relisons les livres de pierres.
Peut-être répondront-ils à ces questions fondamentales ayant bien torturé Paul Gauguin :
« D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? »
Gageons que la rêverie du visionnaire puisse engendrer une once du bon sens.
Il y a dans les œuvres de Gabriel Boghossian des fleurs de pierre en prière qui inclinent la tête pour un devenir universel.

 

haut de page